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Rencontre avec Cédric Melado, co-fondateur de FauveParis

Bien souvent réservées au professionnels ou aux collectionneurs, les ventes aux enchères sont pourtant à l’origine destinées au grand public. C'est en partant de ce constat simple que Cédric Melado et son associée Lucie-Elenore Riveron imaginent une maison de vente qui rendrait l'art accessible à tous. Ainsi, en avril 2014, naît FauveParis une maison de vente aux enchères nouvelle génération. Dans le bâtiment situé rue Saint Sabin, les associés mettent en scène les objets dans des décors qui reprennent les codes des magazines de mode, pendant que des curieux assis au café Fauve se laisseront tenter par une visite de la salle d'exposition et même craquer pour un objet de la prochaine vente. Convivialité, partage et passion sont les maîtres mots chez Fauve où tout le monde est le bienvenu : initiés et non initiés de tous âges. Le manifeste est très clair : "Libérez les Enchères". Désacraliser les ventes aux enchères, c'est le rêve un peu fou qu'a réalisé Cédric Melado, une démarche proche de celle d'Edendiam qui désacralise la joaillerie.  Deux domaines différents qui se rejoignent et partagent le goût des belles choses...

Cédric, parles nous de ton parcours jusqu’à aujourd’hui.

Je suis commissaire priseur depuis 5 ans et avant de créer FauveParis j’ai travaillé pendant 4 ans pour la maison de vente aux enchères Tajan, une des 5 plus grosses maisons parisiennes. J’ai quitté Tajan il y a un an et demi pour créer Fauve Paris qui a ouvert le 29 avril 2014.

Comment es-tu devenu commissaire priseur ?

J’étais en maitrise de droit et je ne prenais plus vraiment de plaisir dans cette voie. Un jour j’ai découvert l’histoire de l’art et le marché de l’art et ça a été un vrai coup de foudre : à partir de là j’ai tout fait pour devenir commissaire priseur.

FauveParis, d'où vient ce nom inattendu pour une maison de vente ?

Nous avons décidé d'appeler notre étude Fauve Paris d'abord en rapport avec les artistes Fauves. Derain, Vlaminck, Matisse, Braque, ces artistes ont changé les codes de la peinture en France et en Europe au début du XX eme siècle. On les appelés comme ça car un jour un journaliste s’est écrié en regardant ces artistes exposés autour d'une sculpture hyper classique : "C’est Donatello parmi les fauves !" Ils étaient des barbouilleurs face à des choses beaucoup plus classiques. Et puis ça nous plaisait d’avoir comme nom "Fauve" qui au départ était une sorte de critique. Fauve Paris c’est un nom qui symbolise pour nous quelque chose de transgressif, une sorte de rébellion, de volonté de présenter autre chose et d’exprimer le marché de l’art avec d’autres codes pour le rendre accessible à une nouvelle clientèle.

Justement c’est quoi votre clientèle ?

Des gens qui ont entre 25 et 50 ans, qui malheureusement connaissent ou ne connaissent pas les ventes aux enchères et qui ont souvent des a priori sur le fonctionnement des ventes. La baseline de FauveParis c'est libérer les enchères, les montrer sous un jour beaucoup plus convivial, sympathique, festif et actuel pour qu'elles ne soient plus uniquement réservées aux
professionnels.

Qu’est ce qu’on peut trouver chez Fauve Paris ?

On essaye d’avoir dans chaque vente des objets à partir de quelques centaines d’euros pour pouvoir familiariser aux ventes aux enchères de nouveaux acheteurs. Et selon les ventes on trouve de tout : de l'archéologie, de l'art asiatique, du design, du mobilier ancien, de la joaillerie, de l'horlogerie avec quand-même une dominante d’art moderne et d'art contemporain qui sont nos spécialités.

Qu’as tu souhaité de différent avec les maisons traditionnelles de vente ?

Tout d'abord, des expositions plus longues. Chacune de nos vente est précédée d’une exposition qui dure entre une et trois semaines. Les horaires d’ouvertures sont plus adaptés au quotidien des acheteurs d’aujourd’hui. On est ouvert de 13h à 21h du mardi au samedi et aussi très souvent le dimanche. C’est sur cette question d’accessibilité qu’on a pas mal changé les codes. On voit beaucoup de gens qui arrivent après 18h comme nous avons choisi de nous installer dans un quartier assez vivant avec pas mal de restaurants. Et puis nous avons notre café, le café Fauve, qui nous permet de bénéficier d'une clientèle qui a envie de se détendre après le travail, d’aller boire un verre ou dîner et qui en profite pour voir une exposition et pourquoi acheter un objet ou une oeuvre. Enfin, la façon dont on réalise nos catalogues est différente, à mi-chemin entre le catalogue et le magazine de mode. C’est pour ça qu’on a renommé ça le "magalogue". La direction artistique est menée par Lucie-Eleonore Riveron qui met en scène les objets, et avec notre photographe issue de la mode (Anne Charlotte Moulard) on arrive avec un autre regard.

Quel est ton domaine de prédilection ?

Plutôt le domaine classique : je viens du mobilier objet d’art des XVII et XVIII ème siècles, de l’orfèvrerie, de la céramique et de l’art indo portugais des XVI et XVII ème siècles . Mais quand j'étais chez Tajan je tapais aussi les ventes d’art contemporain, moderne, et de montres.

Pourquoi un vendeur préférera mettre ses oeuvres en vente chez Fauve Paris ?

Par la qualité de service qu’on essaye de mettre en place : les expositions longues, le magalogue, tout est fait pour mettre en valeur les objets. Ralonger les temps d’expositions cela veut dire toucher plus de gens donc forcément, les vendeurs apprécient. D'autre part, on maitrise le référencement internet et les réseaux sociaux. En somme on offre les prestations d’une grande maison de vente avec la proximité humaine d’une petite étude qui nous permet de réaliser un travail sur mesure pour nos collectionneurs. Côté client, les frais acheteurs sont de 25% TTC quand la norme à Paris est entre 25 et 30%.

Tu diffuses les ventes aux enchères sur internet ? Est-ce qu’il y a une belle audience pour les ventes en ligne à l’heure du digital ?

Oui les retours sont positifs même si les résultats dépendent du type de ventes. On utilise deux plateformes pour retranscrire les ventes en direct :Drouot live pour garder une clientèle traditionnelle française habituée aux ventes de Drouot, et Invaluable, une plateforme américaine qui nous permet de toucher des gens principalement aux Etats-Unis et en Asie. Par exemple on a fait une vente de jouets et robots japonais des années 1950-1960 et 60% de la vente est parti sur internet.

Pourquoi avoir décidé d’ouvrir à Paris ?

Paris reste une capitale artistique et est très centrale car beaucoup de nos vendeurs sont européens (italiens, belges, luxembourgeois, portugais, allemands,…). Finalement des projets comme celui de Fauve Paris ça peut exister dans une ville comme la notre, d’autant plus dans notre quartier (le haut marais) où il y a beaucoup de projets qui se développent autour de la décoration et du lifestyle comme Merci, ou la maison Plisson qui sont nos voisins.

Où peut-on te croiser à Paris ?

Comme je travaille beaucoup, vous avez beaucoup de chances de me croiser au cafe Fauve Paris où je déjeune tous les midis. Sinon chez Merci ou dans le quartier.

Un musée ou une galerie préféré ?

Le musée d’Orsay.

Un conseil pour vous les personnes qui veulent commencer à acheter en ventes ?

La curiosité est le premier atout et ensuite il faut faire confiance à son instinct et à ses goûts. Il ne faut pas avoir peur de poser des questions et de se lancer !

Quels sont les futurs projets ?

Le 15 octobre nous organisons une vente intitulée "Légendes d’automne", avec des objets de l’archéologie jusqu’à nos jours parmi lesquels de très belles pièces en verrerie française et italienne, en design et en art contemporain. Et le 3 décembre nous avons une vente autour de l’univers de l’homme avec des motos, des voitures, des montres du design, que l’on a intitulée "L’histoire d’un mec".

L'étude est ouverte du mardi au samedi de 13h à 21h.
Le café est ouvert pour déjeuner tous les midis, pour le brunch le samedi et pour boire un verre le soir. L'après-midi, Céline, la spécialiste des thés vous fera déguster sa sélection.

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