Les bourses du diamant

Le diamant est un cristal composé de carbone pur, produit dans la nature lorsque les bonnes conditions de pression et les températures idéales sont réunies. Les principales mines d'exploitation se trouvent en Afrique, au Botswana, au Zimbabwe ou en Namibie par exemple mais on en trouve également en Inde et en Chine, en Australie ainsi qu'au Canada et en Russie. Ces pierres brutes sont ensuite vendues dans des bourses spécialisées où se brassent chaque jour des millions d'euros, entre professionnels du marché uniquement.

Anvers est la capitale historique du diamant et même après six siècles d’histoire, elle reste le centre mondial du commerce de cette gemme exceptionnelle. C’est au pied de sa gare centrale que se trouve le quartier du diamant. Aussi connu sous le nom de “one square mile” ces deux km² renferment pas moins de 1500 sociétés liées au commerce du diamant et des pierres précieuses. En effet, c’est dans ces quatre rues (Hovenier, Schup, Rijf et Pelikan) que transitent chaque jour environ 500 000 carats et s’échangent chaque année près de 26 milliards de dollars de diamants.
Ce n’est pas moins de 80% de la production mondiale du diamant qui passe par Anvers et les diamantaires de toutes les nationalités et de toutes les langues y ont pignon sur rue.
Il est donc logique que ce quartier soit le plus surveillé du royaume de Belgique. Le système de fichage est l’un des plus performant au monde et toute fraude ou escroquerie est punie pour son auteur d’exclusion du marché dans le monde entier (c’est à dire dans les 23 bourses du diamant que compte le globe). Le marché du diamant est un marché hors norme qui échappe à toutes les règles économiques. Les variations de la production n’entraînent pas une variation des cours de même que les bourses diamantaires ne ressemblent en rien aux autres bourses de valeurs où s’agitent les spéculateurs.
Ici, on évalue, on discute de la qualité et de la valeur de chaque offre, de chaque demande. On négocie tranquillement autour d’une table, entre gentlemen.
Aucun contrat n’est signé, les transactions reposent sur la parole d’honneur de chacun des négociants.
Au moment de conclure une affaire les deux parties se serrent la main en prononçant le célèbre “Mazal” (qui vient de l’Hebreu “Mazal U Bracha” qui signifie chance et bénédiction) et scellent ainsi la vente. Dans la rue, c’est une véritable fourmilière humaine, on assiste tous les jours à un balai d’hommes en noirs portant de petites mallettes et faisant des allers retours d’un immeuble à l’autre.
Ici, aucune démonstration de richesse, la simplicité est de rigueur on ne doit en aucun cas savoir si vous transportez ou non de grandes quantités de pierres précieuses, le secret et le mystère doivent être entretenu si vous voulez mener à bien vos affaires.
Mais le quartier du diamant à Anvers ce n’est pas seulement ça, c’est aussi plus de 1800 artisans tailleurs généralement spécialisés dans les grosses pierres, des laboratoires d’analyse de gemmes qui fournissent les certificats, plus d’une cinquante de bijouteries et de joailleries mais aussi des banques, des sociétés de transport sécurisé, des bureaux de change...

L'organisation du négoce mondial

 

Il existe dans le monde actuellement vingt-huit bourses vouées au diamant, en Belgique mais également à New York, à Tel-Aviv, à Bombay ou encore à Hong-Kong. Ces lieux de négoce où se vendent des pierres brutes ou taillées sont tous membres de la World Federation of Diamond Bourses, créée en 1947, qui protègent leurs intérêts et veillent à la transparence des échanges. Ainsi, il est quasiment impossible pour un particulier d'acheter une pierre brute non taillée, ce marché étant réservé à un groupe de professionnels restreint. C'est d'ailleurs la discrétion de ses membres, du courtier au diamantaire en passant par les responsables d'ateliers de taille, qui prévaut dans ce petit milieu feutré de connaisseurs.
Un négoce en plein essor

Alors que les médias et les politiciens mentionnent très régulièrement le contexte économique morose, force est de constater que le domaine du luxe est devenu une véritable valeur refuge. Le commerce de pierres brutes bat son plein et la demande est même en forte augmentation, notamment en raison de commandes d'une clientèle aisée venue de nouveaux marchés dans des pays émergents comme la Chine, la Russie mais surtout les pays du Golfe. En règle général, on trouve trois types d'acquéreur pour les pierres précieuses : les bijoutiers qui les utilisent pour fabriquer des joyaux pour leurs collections ou dans le cadre de commandes privées Viennent ensuite les collectionneurs passionnés et enfin les investisseurs qui décident d'acheter pour spéculer sur le marché des pierres précieuses. Si la Belgique demeure un des hauts lieux du négoce, elle connaît de plus en plus la concurrence de l'Inde, et tout particulièrement de Bombay où la plus grande bourse de diamant du monde a été inaugurée en 2012.
Le commerce du diamant se joue à l'échelle mondiale et tous les lieux dédiés à ce négoce sont régies par bien des règles pour protéger leurs intérêts ainsi que ceux de leurs membres.